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 Un jour de printemps [Une romance au Japon]

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Lichan




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Date d'inscription : 22/08/2010
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MessageSujet: Un jour de printemps [Une romance au Japon]   Lun 27 Sep - 18:32

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Informations de base



Titre : Un jour de printemps
Genre de Fiction : romance, vie réelle
Actuellement : en cours, +130 pages écrites.

Résumé



Reina Imagawa est une jeune lycéenne en deuxième année de lycée. Elle est amoureuse de son nouveau professeur principal. Un beau soir avant les vacances de la Golden Week, elle va le voir pour lui raconter ses difficultés dans sa matière. Murabashi – senseï lui propose alors de venir pendant une journée chez lui pour étudier. Reina accepte tout en sachant qu’elle aura la tête ailleurs.


Personnages





[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Reina est une jeune lycéenne, pupille d'état, vivant seule dans un appartement. Elle a un profond amour pour son professeur de physique chimie de cette année qui est aussi son professeur principal. De nature très serviable, elle ressent tout de même un malaise par rapport à ses camarades de classe, car elle ne pense pas comme eux.




[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Tetsu est un jeune professeur de physique - chimie. Il adore tout ce qui est science et n'avance rarement ses pensées plus loin que la réalité. Il a trouvé sa vocation et ne fait attention à rien d'autre en cours. Il va être totalement perdu quand Reina va lui expliquer ce qu'est l'interdit et ce qui peut rapporter.





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Lichan




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MessageSujet: Re: Un jour de printemps [Une romance au Japon]   Lun 27 Sep - 18:32

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Partie 1



Je ne me rappelle encore de cette journée où pour une raison que je ne connais, j’avais eu le courage d’aller le voir. Lui, qui par malheur était inaccessible en temps normal. Lui, que je ne sais pas pourquoi, j’avais commencé à aimer. Peut être pour le coté interdit de la chose ? Ou parce que ça pouvait être impossible entre nous ? Pour vivre dans un rêve où je ne pourrais pas être blesser, pour ne pas être déçue une fois de plus. J’étais le genre de fille à qui on pouvait tout briser mais qui restait vivante tant qu’elle pouvait rêver. Je sais que cela est très dangereux, je sais que c’est lâche mais à force de trop s’écorcher le cœur, on finit par l’enfermer dans un écrin de velours fermé d’un cadenas et à se mettre à rêver. Et quand j’en pris conscience que l’écrin pourrait ne plus s’ouvrir, je suis tombée sur lui, assis sur un banc, un livre à la main. Il était l’illusion même d’un bonheur regretté, d’un souvenir effacé. Il m’avait attiré à lui sans le savoir et je le maudis pour cela. Je le maudirai toute ma vie autant que je l’aimerai en secret. Enfin…S’il ne se passe rien aujourd’hui. Mais quelle idée d’avoir été le voir ! Quelle idée de lui avoir dit que j’avais des difficultés avec les équations différentielles ! Certes c’est vrai mais je ne m’attendais pas à ça, pas à ce qu’il m’annonce qu’il prendrait une journée sur ses vacances pour me donner des cours.

« Mademoiselle… !
- eu… Oui ?
- Vous ne prenez pas le bus ?
- Ah si si ! Merci madame ! »

Me voilà à monter dans ce bus en direction du centre ville de Tokyo pour aller chez lui. Pourquoi chez lui ?! Je soupirai en remerciant la dame comme il se devait avant d’aller dans le fond du bus. Le paysage défilant me donna le tournis que le stresse amplifié à chaque seconde passée. Mais pourquoi, j’attendais tant de cette journée pour le matin du jour en être malade d’angoisse ? Comme si Marubashi – senseï avait prévu quelque chose autre que des courbes, des équations différentielles et des calculs de radiations. Comme si ce jeune homme pouvait avoir compris que je l’aimais. C’était très enfantin de ma part de penser ainsi, d’espérer secrètement quelques choses tout en me mentant. Ne faisant plus gaffe aux stations qui s’enchaînaient je pris mon mp3 et mit pour toute musique « Kizuna » du groupe Kat – Kun ! Ambiancée dans le morceau, je fermai les yeux pour m’exiler dans mon monde, pour calmer l’angoisse me pourrissant les entrailles. Je sursautai quand je sentis un courant d’air près de ma nuque. Le genre de courant d’air produit par un geste, comme quand vous agitez votre main pour éloigner un moustique de votre corps. Le cœur battant à rompre, j’ouvris vite les yeux et vis devant moi un homme grand, aux cheveux châtains clairs aux reflets blonds, aux cheveux mi – longs et aux yeux noisettes dorés me fixant. J’essayai de garder les lèvres scellées quand je compris que c’était lui. Il me sourit alors pendant que je me redressais mieux sur mon siège tout en me callant bien au fond de celui – ci. Il resta là à me fixer pendant que je sentais mes joues se colorer alors pour cesser ce silence embarrassant, je défis mes écouteurs, et le salua :

« Ohayo, Murabashi – senseï.
- Ohayo, Imagawa – chan.
- Que faites – vous dans le bus, senseï ?
- Je t’attendais à ma station mais comme je voyais que tu ne descendais pas, je suis venu te chercher.
- Oh…J’en suis désolée, senseï…
- Ce n’est rien, on va descendre à la prochaine et on fera le chemin à pied.
- Mais si on nous voit ?
- Que veux – tu qu’on imagine ? Je suis ton professeur principal.
- …Oui, c’est vrai. »

La réflexion qui venait de m’offrir mit fin à ma volonté de parler. Après tout en une seule seconde, il m’avait confirmé qu’il n’envisageait rien de ce genre. Quand le bus s’arrêta et que je me levai, il se plaça devant moi pour dégager le passage que j’empruntais en me pressant. Les bus étaient pratiques mais au Japon, ils avaient tendance à être tout le temps bondés. Une fois pieds sur le bitume, je le regardai en attendant qu’il m’indique la direction mais il était là, devant moi à me sourire. Brusquement, j’eus un pressentiment que la journée allait être très étrange. Il me vit soupirer et s’en inquiéta directement :

« ça va Imagawa – chan ?
- Oui, oui, juste une intuition féminine.
- Oh de quel genre ?
- Du genre, féminine…
- On me fait des secrets ?
- Oh, tout le temps, senseï ! »

J’avais répondu ça du tac au tac sans vraiment prendre conscience de mes paroles. Du moins sur le coup car quelques secondes après j’avais pour toute solution à mon embarras de fuir en essayant moi – même de trouver le chemin. Il se mit à rire et je me retournais assez contrariée vers lui :

« J’aime beaucoup Tokyo, mais je pense qu’on est pas là pour visiter non ?
- Pressée de commencer les équations différentielles ?
- Tout autant que de me pendre mais bon je vais pas me plaindre. »

Il s’approcha de moi et je tournai à nouveau des talons. C’est alors qu’il se mit à mon niveau et qu’il déclara :

« Alors, allons au bagne ! »

Je ne répondis rien car j’avais déjà trop fait mon intéressante. Il se mit alors en marche et je le suivais un peu en retrait. Au gré du vent, je vis ses cheveux virevoltés, je vis son regard doré se posait parfois sur moi. Parmi tous ses gestes, j’en retins un particulièrement, celui quand il m’a attrapé le poignet pour que je puisse traverser parmi la foule. Je pris cet acte comme un geste de protection peut être qu’il en était autrement mais je ne voulais pas le savoir. Enlaçant mon poignet de ma main gauche, je posai le tout contre mon cœur et sentis heureuse. Après un dédale de rues plus fréquentées les unes des autres, on s’arrêta devant un petit lotissement. En observant bien l’endroit, je compris la tranquillité du quartier. Non loin du centre ville mais assez éloigné du lycée. Je supposai alors qu’il ne voulait pas que les élèves puissent le suivre. Il se retourna alors vers moi et déclara d’une voix amusée :

« Voici l’endroit de ta mort. Es – tu prêtes ?
- Comme si on demandait au condamné a mort s’il était prêt à recevoir la corde. C’est très déplacé comme question
- Je ne te savais pas aussi, sarcastiques.
- Je vous rassure, moi non plus.
- Oh…ça promet. »

Il sourit amusé de nouveau et je pris conscience qu’un rien le faisait sourire. Il me parut d’un coup plus accessible. Je posai une main sur mon front en fermant les yeux, cette journée allait vraiment être unique. Ensuite, je l’entendis monter les marches du bâtiment, je le suivis alors.

La clé dans la serrure, le bruit que cela entraînait, me faisait regretter tout le trajet que j’avais fait. Qu’allais – je faire ici ? Suivre un cours tout en sachant que je n’aurai la tête à rien ? Je me foutais de son attention et tout ça pourquoi ? Satisfaire un caprice d’enfant ? J’aurai voulu trouver une excuse pour ne pas rentrer chez lui mais, il m’avait déjà entraîné dans son appartement en me prenant à nouveau par le poignet. L’appartement était assez grand pour une personne et typiquement japonais. Avant d’entrer complètement dans celui – ci, je dus enlever mes chaussures et sorti de mon sac – à – main, un petit sac en plastique avec des chaussons dedans. Une fois mis, je montai la marche et entra dans son salon. Sur la table basse qui devait sûrement lui servir de table à manger, je vis beaucoup de manuels scolaires, ainsi que de cahiers d’exercices. Ma tête me fit mal d’un coup en voyant cela mais il était trop tard pour reculer. Il s’était assis à terre d’un coté de la table et disposa un coussin pour que je puisse m’asseoir. Je le remerciai du regard tout en prenant place à ses cotés et déposa mon sac à coté de moi.

« imagawa – chan, et si nous commençons par discuter un peu ?
- Bien senseï, mais de quoi ?
- Hmm…Cela fait combien de temps que tu as du mal avec les équations différentielles ?
- Depuis le début.
- Pourtant tes copies sont bonnes…
- C’est parce que je travaille très dur pour les examens et que je me force à appliquer les procédures mais je n’ai toujours pas compris comment ça fonctionner.
- On n’est pas obligé de comprendre pour appliquer
- Moi si, parce que comment voulez – vous que je m’intéresse à votre cours si j’en comprends que la moitié ?
- Je vois…Tu es une perfectionniste.
- Oui mais vous ne me trouvais pas ennuyeuse ?
- Non, tu es plutôt intéressante. »

Le mot intéressant résonnait en moi. Il n’avait aucune conscience de ce que ça pouvait faire en moi qu’il me complimente. Il ne savait rien sur mes sentiments. Je regardai ailleurs comme pour l’empêcher de voir ma tristesse. Mais il l’avait compris et me demanda :

« Il y a quelques chose qui va pas Imagawa – chan ?
-Non non,
-Sûr ?
- Oui, on se met au travail ?
- D’accord »

Il prit alors un des manuels et commença à le feuilleter pour ensuite me le proposer. Et dire qu’on allait faire ça toute la journée !

On avait passé la matinée sur les équations quand soudainement, il m’annonça :

« Et si on faisait une petite pause ?
- D’accord.
- Que veux – tu manger ?
- Vous me prenez au dépourvu là…
- J’ai envie de ramen, ça te dit ?
- Oui !
- Alors je commande. »

Il se leva et alla chercher le téléphone. J’en profitai alors pour me dégourdir les jambes et fit le tour du salon. Il n’y avait pas beaucoup de photos. Je continuai à faire le tour de la pièce quand soudainement, je tombai sur une photo de lui plus jeune. Il était mignon à croquer ! Je me mis à rire de cette pensée lorsqu’il me surprit. Il s’approcha en vitesse de moi et commença à vouloir m’enlever la photo des mains mais, je la gardais tout contre mon corps en esquivant ses assauts. Malheureusement, je ne fus pas de taille longtemps contre lui car quand il arriva à attraper mon bras, je basculai en avant l’entraînant à me suivre. Je fermai les yeux pour ne pas voir le sol se rapprocher. La sensation que je ressentis quand j’arrivai à atterrir était différente d’un sol normal. Je me redressai alors et ouvrit de grands yeux. J’étais sur lui, à califourchon autour de sa taille, la photo dans les mains. Je tournai rouge pivoine en le voyant contrarier. J’avais vraiment tendance à tout gâcher. Détournant alors le regard, je commençai à m’excuser mais il se mit à rire. Alors déstabilisée, je le regardai perplexe :

« Quelle situation ! J’ai une de mes élèves sur moi avec une photo de moi petit ! C’est vraiment pas commun.
- Qui sait peut être plus que vous ne le pensez…
- Tu penses vraiment ce que tu viens de me dire ?
- Oui.
- Tu ne serais pas choquée qu’une de tes amies soit ainsi avec un professeur ?
- Si c’est mon amie et que je sais ce qu’elle ressent, non. Après tout, nous sommes humains avant toute chose.
- …Oui, c’est vrai.
- En tout cas, une chose est sûre, c’est plutôt…
- Embarrassant ?
- Non confortable ici ! »

Je me levai en vitesse en me retournant, j’avais tiré la langue en disant cela. Une vraie enfant ! Mais maintenant que tout ceci était fait, j’aurai voulu m’enfuir d’ici et me traiter de « baka » jusqu’au restant de mes jours. J’entendis le bruit de ses vêtements quand il se leva à son tour. Il me contourna pour se mettre face à moi et posa ses mains sur mes épaules tout en avançant son visage près du mien et annonça :

« Je n’aurais jamais cru passé une journée si riche en surprise. Mais je dois avouer que ça me change un peu de mes autres cours. Allez ne culpabilise pas, tout ça est dit et tu ne m’as ni blessé ni offensé. »

Je relevai immédiatement la tête avec un regard reconnaissant. Il est vrai que ses paroles venaient de m’aider à me sentir mieux. Il me fit un léger sourire avant de me tapoter l’épaule gauche et de me tourner le dos.

Le bruit de la sonnerie me fit sursauter pendant que je reprenais mes esprits. On venait de nous livrer les ramens qu’il avait commandé plutôt. Personnellement, j’étais trop perturbée pour avoir appétit mais il s’était donné tant de peine… Je me mis à courir vers la porte d’entrée mais il avait déjà remercié le livreur et porté une grande boîte. Je dégageai le passage pour le laisser aller jusqu’au salon. Il s’installa en posant la boîte sur le sol, je le rejoignis ensuite. Quand on fut assis, je pris mon sac et chercha mon porte – feuille pour lui payer ma part. Je le sortis et lui demanda :

« Je vous dois combien ?
-…Rien.
- Je vous dois combien ?
- Je t’invite, tu ne vas pas m’offenser quand même ?! »

Je m’inclinai directement en m’excusant. Je ne pensais pas que j’allais être invitée…Il me pardonna et on se mit à manger.

Dans le milieu d’après – midi entre les radiations et les atomes, je perdis le fil du cours. Je n’en pouvais plus à vrai dire mais ce n’était pas la seule raison…Le soleil venait éclairé le professeur et jouait avec les reflets de ses cheveux ainsi que les nuances de ses yeux. J’étais soudainement obnubilée par sa présence et une envie secrète brûlée en moi. Je fis glisser mon regard de son visage à son cou et de son cou à son torse. La chemise qu’il portait était légèrement déboutonnée me donnant assez de détails pour imaginer ce qu’il se cachait dessous. Ce fut le point de non retour car je décidai d’abandonner le cours pour me laisser aller à mes fantasmes. Mais c’était non sans compter sur le professeur qui me fit partir dans un autre monde. J’avais les joues légèrement rougies, les yeux brillants, un sourire coquin aux coins des lèvres. Il ouvrit de grands yeux au début puis comprit ce qu’il se passa. Il détourna le regard un petit peu en ayant un sourire amusé puis quand il le reposa sur moi, il s’exclama :

« Imagawa – chan !!!
-… Heu, oui senseï ?
- Ce sont les radiations qui te font cet effet là ?
-…De quoi parlez – vous ?
- Tu me déshabilles du regard depuis tout à l’heure ?
- Ah ça…Je n’ai jamais trouvé les radiations attirantes, je vous rassure.
- Donc ?
- Donc c’est bien vous qui me faîtes cet effet là. Ne me dites pas que vous l’avez jamais remarqué avant ?
-… »

Un grand nombre de flash – back lui revinrent à l’esprit et se mit à l’admettre. C’est vrai que j’avais déjà eu ce genre d’attitude avec lui pendant ses cours. Je le payais assez cher car je devais travailler deux fois plus dures en dehors. Je me posai mes bras en avant et me penchai vers lui et lui déclara avec une voix douce :

« Je ne vous pensai pas aussi peu observateur, sen-s-e-ï… »

Il se mit à rougir en se penchant vers moi. On aurait pu croire qu’on jouait un numéro mais tout ceci était imprévu et je ne contrôlais plus mes propres paroles. C’était l’heure de la délivrance où ma frustration amoureuse s’envolait. Je continuai mon monologue :

« Toutes mes amies le savent juste en me regardant et vous un homme de 23 ans ne l’a même pas remarqué ? Vous êtes vraiment du genre à penser que rien ne peut se passer entre un professeur et une élève… »

Il resta interdit devant ma façon d’annoncer les choses. J’aurai pu simplement me déclarer avec un « je vous aimeeee » mais je ne voulais pas dévoiler mes sentiments de cet manière. J’étais bien plus mature qu’une lycéenne et je voulais qu’il le voie à ce moment là.

« Vous savez, senseï, vous êtes plus innocent que je ne le pensais. Mais que se passerait – il si je vous montrais qu’on peut briser un interdit ? »

Je me penchai encore plus vers lui et effleurai ses lèvres de mon index. Ses yeux clairs dans mon regard me fit prendre une expression douce. J’ouvris légèrement mes lèvres. Une chaleur entraîna mon cœur à battre à rompre. Mon souffle se réchauffa et se fit plus profond quand je fermai les yeux. La dernière once de conscience prit le dessus sur mes pulsions. Je posai ma main sur le coté à coté de son cou tout en déclarant presque haletante :

« Je vais y aller, senseï »

Je me levai à la fin de cette déclaration et fit demi – tour doucement. Je ne voulais pas qu’il me retienne. Etrangement, j’aurai aimé qu’il fasse le premier pas vers moi mais il n’avait jamais rien compris. Je partis prendre mon sac pendant qu’il se relevait. Quand il fut debout, je me précipitai pour récupérer mon manteau et aussi remettre mes chaussures. Une fois rhabillée, j’entrepris ma fuite avec toute l’énergie qui me restait encore. Je pris conscience après quelques minutes que j’étais assez loin de chez lui. D’ailleurs j’en pris pleinement conscience quand j’arrivai à l’arrêt de bus où il m’avait fait descendre le matin même. Je traversai la route pour rejoindre la bonne correspondance, il était temps que je rentre chez moi, faire comme si j’étais la pire idiote du monde entier et mettre une croix définitive sur lui.

Une dizaine de minutes plus tard, j’étais assise près de la fenêtre, mp3 en main. La route qui défilait me délivra un peu mais mon cœur ne voulait pas se calmer et j’avais une douleur aigue dans la poitrine maintenant. Sans vraiment m’en rendre compte, des larmes coulaient sur mes joues chaudes et rouges. Ces larmes fraîches me firent frissonner et ma respiration se fit plus rude. Posant une main sur mon front, je n’en pouvais déjà plus, mais je devais pleurer en silence jusqu’à la maison en tout cas. Posant ma main sur la vitre du bus, je priai la lune de me sauver, de m’enlever le cœur car j’aimais un homme qui ne m’aimait pas. Le bus s’arrêta, une station avant celle de chez moi et j’y descendis, je ne pouvais plus de rester dans ce bus, j’étais entrain d’étouffer dans ma tristesse. Je me mis à courir dans la rue, mes poumons me brûlaient tellement que je tombai à terre, essoufflée. La douleur de la chute s’harmonisa avec mon cœur et quand je portai mon regard sur mes paumes, le sang qui y coulait me fit rire. C’était pathétique, si pathétique d’être ainsi. Je me mis sur les genoux qui étaient bien sûr abîmés ainsi que ma joue droite. Le sel de mes larmes me piqua la plaie mais même toutes ses douleurs ne me firent du bien. Un attroupement de personnes se fit autour de moi quand je me levai. Sans vraiment m’étendre sur leur pitié, je repartis vers chez moi.

Le salon était plongé dans une couleur orangée, j’avais déposé mes affaires un peu n’importe où et m’étais placée dans le canapé, les genoux contre ma poitrine. Je dus bien rester plusieurs heures ainsi. Par moment j’hurlai ma peine et d’autre je regardais le mur d’en face sans avoir conscience de rien. Le téléphone sonna plusieurs fois mais je n’y répondis pas après tout, dans l’état où j’étais, ça ne l’aurait pas fait. Le répondeur clignota à tout va mais rien ne me fit bouger.

En début de soirée, j’étais passée du canapé au tapis, toujours dans la même position. J’avais mis de la musique classique à la chaîne hi – fi. Mes larmes s’étaient taries mais la douleur en était toujours là. J’avais tellement passé ma main dans mes cheveux, que j’en étais décoiffées, mes yeux étaient gonflées et lourds, mes joues rouges dont une blessée. Mes lèvres étaient ensanglantées, je les avais tellement mordillé que la fine peau s’était déchirée. J’étais dans un état second, un état que je ne souhaite à personne.

Brusquement on sonna à la porte d’entrée mais je n’avais aucune envie de me lever et d’ouvrir la porte. Le visiteur insista tellement que je dus prendre mon courage en main. Traînant les pieds pour aller jusqu’au palier, je ne pris même pas la peine de regarder dans le juda pour voir la personne et ouvrit la porte. Devant moi…Il était devant moi, le visage tracassé, le souffle court comme s’il avait courut jusqu’ici. Il ouvrit des grands yeux en voyant mon état tout en essayant d’entrer dans l’appartement mais je l’en dissuadai en lui disant :

« Partez maintenant, laissez moi s’il vous plaît. »

Ma voix était plus grave qu’à son accoutumé, aucune intonation n’accompagna cette phrase. Il n’y avait ni tristesse, ni colère, rien. Un vide total. Jusqu’à l’instant où il prononça ses mots :

« Tu n’es qu’une idiote ! Rien qu’une idiote ! »

Mon sang se retourna et bouillonna, j’étais une idiote alors ? C’était ça ? Je me mis à crier :

« Si je ne suis qu’une idiote, vous êtes le pire des égoïstes ! Ne même pas remarquer les sentiments d’une jeune fille ! Que dis – je ?! Vous êtes le pire des hommes ! »

J’avais fermé la porte un grand coup et avait fait demi – tour et me replaça sur le tapis. La sonnerie de la porte d’entrée reprit de plus belle mais cette fois je n’irais pas lui ouvrir. Je l’entendais hurler à travers la porte :

« Ouvre moi ! OUVRE MOI ! »

Au bout de quelques minutes, ça me tapa sur les nerfs et j’allai ouvrir la porte. Il me bouscula pour entrer et je le pris très mal.

« Vous vous croyez chez vous ?
- J’investis les lieux jusqu’à temps que tu m’expliques toute l’histoire !
- Il n’y a rien à expliquer ! Alors maintenant, partez de chez moi !
- Et si je ne veux pas ?
- Si vous ne le voulez pas ?
- Oui exactement, tu ne pourras pas me mettre dehors, je suis plus fort que toi. »

Je fermai les yeux et soupira un grand tout en s’approchant de lui. Face à lui, je rouvris les yeux et le défia du regard.

« Que vas – tu faire ?
- La pire chose que je ferai à jamais de ma vie. Je le regretterai demain sûrement, senseï
- Que vas… »

J’avais détourné le regard tout en lui mettant une gifle. Ma paume blessée me fit très mal et le sang s’était remis à couler. Il en resta un peu sur la joue rouge du professeur qui me regarda surpris.

« Vous m’y avez forcé, senseï. Je suis peut être une idiote mais ne m’empêcher pas de détruire ma vie, s’il vous plaît.
- Imagawa – chan…
- Ne prononcez plus mon nom, plus jamais.
- Ne me force pas à bout…
- Oh…Excusez moi, senseï de vous pousser à bout alors que vous êtes le pire des hommes !
- Reina ! Tais toi ! »

Il me poussa fort contre le mur et je me cognai la tête contre celui – ci. Je grimaçai pendant qu’il rapprochait son corps du mien. Serrant les poings très fort, je me mis à taper son torse de toutes mes forces pendant qu’il prenait appuis avec ses bras contre le mur. Il me laissa faire jusqu’à que je me calme. La douce et gentille Reina avait eu trop mal en si peu de temps. Une fois calmée, il me demanda :

« Tu es calmée ?
- pourquoi faites – vous ça ? Par conscience professionnelle ? Parce que vous aviez pitié de moi ou alors…Vous venez vous venger ?
- Reina…
- Ne m’appelez pas par mon prénom et sans particules en plus ! Nous ne sommes pas intimes !
- N’étais – tu pas prête de m’embrasser plutôt dans l’après – midi ?
- Vous ne m’aimez pas ! N’utilisez pas mon prénom, un point c’est tout ! »

J’essayai de me dégager de son emprise mais il colla son corps chaud et fort contre le mien. Je levai les yeux vers lui en le maudissant du regard. Il avait donc décidé de se venger en s’amusant avec ma personne. Il reprit la parole :

« Reina…Ecoute moi avant de m’hurler dessus.
- Vous voulez jouer à ça…D’accord, je t’écoute, Tetsu ! »

J’avais crié son nom et ça le fit reculer. J’en profitai pour s’échapper et me plaçai derrière le canapé. Il s’était retourné qu’après et s’approcha de moi. Je me savais lâche mais à ce point ?! J’y pensai qu’après coup quand je filai jusqu’à ma chambre et me plaquai contre la porte à l’intérieure de celle – ci. J’entendis ses pas venir jusqu’à moi, j’étais sûre que j’avais provoqué une grande colère chez lui. J’entendis qu’il s’essaya dos à la porte et qu’il murmurait mon prénom. Soudainement, je n’avais plu la force de me battre donc je me mis à lui répondre :

« Oui ?
- Tu es calmée pour de bon cette fois ?
- Je suis fatiguée en fait…
- Veux – tu bien m’écouter ?
- Allez – y.
- Peux – tu m’ouvrir ?
- Je vous ouvre, senseï. »

Je me poussai de la porte et l’ouvrit doucement. Il était debout en face de moi, les mains dans les poches de sa veste. Je me mis à rire en voyant que j’avais pas fait mon rôle de hôte, j’étais à deux milles lieux de là en même temps. Je lui proposai de me donner sa veste que j’accrochai dans le placard de l’entrée. Quand je revins dans ma chambre, il était debout devant mon bureau, un cadre dans les mains. A la vue du cadre, je lui annonçai ceci :

« J’avais 10 ans.
- Tu étais mignonne.
- Certes, je le suis moins maintenant.
- C’est pas ce que je voulais dire, Reina.
- Je ne vous crois pas, mais bon passons.
- Reina… »

Je m’étais installée sur mon lit et le regarda. Ses cheveux étaient en bataille, sa chemise défaite sur le haut et ayant quelques petites tâches de sang. Sur sa joue encore rouge de la gifle, il y avait toujours la trace de sang. Je détournai le regard en comprenant que j’avais vraiment fait n’importe quoi. C’est la personne que j’aime et je le blesse ainsi. J’étais vraiment pitoyable.


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Un jour de printemps [Une romance au Japon]

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